Jour de paie des femmes!

Grève des femmes* le 14 juin 2019 à Bienne

La grève des femmes* du 14 juin 2019 a été la plus grande mobilisation politique de Suisse depuis la grève générale, il y a plus de 100 ans. Ce n’est qu’un début. Les employeurs sont maintenant appelés à agir. Ils ne peuvent plus ignorer le scandale de la discrimination salariale. La présidente d’Unia, Vania Alleva, l’a affirmé lors d’une conférence de presse à Berne.

A partir du 21 octobre à midi, les femmes travaillent gratuitement! Elles le font bien sûr toute l’année en effectuant la plupart du travail non rémunéré. Mais à compter de cette date, elles ne touchent pas ce qui leur est dû pour leur travail rémunéré.

Dans le secteur privé, les femmes ont gagné en 2016 en moyenne 19,6% de moins que leurs collègues masculins, soit 1532 francs de moins chaque mois. «Il y a des explications à cela, mais aucune n’est acceptable.» a affirmé Vania Alleva.

De la discrimination pure et simple

Tout d’abord, une partie de la différence salariale reste inexpliquée, a-t-elle rappelé. En d’autres termes, 43% de l’écart salarial est de la discrimination pure et simple. Une femme professionnellement active en Suisse gagne en moyenne 657 francs de moins par mois simplement parce qu’elle est une femme!

Echec de la politique, les employeurs doivent agir

L’inégalité salariale entre femmes et hommes est la conséquence d’une discrimination directe et l’expression d’une grande injustice sociale. La grève des femmes a montré que notre patience est à bout. Pour l’automne salarial, Unia exige donc de toutes les entreprises:

  • des analyses régulières des salaires et l’élimination de la discrimination salariale;
  • le relèvement des salaires des femmes: les bas salaires inférieurs à 4000 francs par mois (fois 13) dans les «métiers féminins» – notamment dans le commerce de détail, l’hôtellerie-restauration, le nettoyage et les soins – sont inacceptables et doivent être augmentés.

Le 21 octobre, «jour de paie des femmes»

Après la stagnation des salaires de ces dernières années, il existe un besoin de rattrapage pour tous les employé-e-s. Il faut aussi une hausse réelle des salaires des hommes. Mais la scandaleuse discrimination salariale des femmes nécessite des mesures supplémentaires sous forme d’augmentations de salaire. «Les syndicats insisteront sur ce point lors des prochaines négociations salariales» a annoncé la présidente d’Unia.

Après la grève, si les femmes le veulent, le «jour de paie» doit suivre, le 21 octobre et chaque jour suivant! C’est aux employeurs d’agir. Veulent-ils stopper le scandale de la discrimination salariale? Ou veulent-ils que les femmes arrêtent effectivement de travailler le 21 octobre?