Unia revendique 150 francs de plus pour tous dans la construction

Tous les employés du secteur principal de la construction devraient bénéficier en 2015 d’une hausse de salaire de 150 francs par mois. Lors d’une conférence de presse, Unia et Syna ont justifié leur revendication salariale par des faits concrets. Compte tenu de l’essor de la branche, cette revendication n’est que juste et équitable.

Le chiffre d’affaires dans la construction a explosé ces dernières années. Par contre, le nombre d’employés fixes sur les chantiers a diminué ces dix dernières années. D’où une forte augmentation du rythme et de l’intensité du travail. Concrètement, la productivité s’est améliorée de 9% entre 2007 et 2012 dans la construction.

Hausse des bénéfices

Dans le secteur principal de la construction, le chiffre d’affaires s’est envolé de 4,9% l’année dernière. Pendant ce temps, la main-d’œuvre diminuait de 2,4%. «Les entrepreneurs s’enrichissent toujours plus. Leurs marges bénéficiaires ont fortement progressé ces dernières années - elles ont doublé dans le bâtiment et quasiment triplé dans le génie civil», a rappelé à la conférence de presse Nico Lutz, responsable du secteur Construction d’Unia. Le même constat vaut pour les bénéfices par emploi à plein temps. Ils dépassent 10 000 francs par an dans le bâtiment, et avoisinent 8000 francs dans le génie civil.

Pression croissante des délais

Ces bénéfices ont été réalisés sur le dos des travailleurs. La main-d’œuvre des chantiers est soumise à la pression permanente des délais et à un stress énorme. Dans ces conditions, il n’est guère étonnant que les accidents restent nombreux. En moyenne, un maçon est en arrêt de travail pour cause d’accident tous les cinq ans, et le nombre d’accidents graves est hélas reparti à la hausse ces dernières années.

Les revendications salariales des syndicats sont donc parfaitement légitimes. +150 francs pour tous dans la construction, les entreprises peuvent se le permettre et la main-d’œuvre en a grand besoin.