Qu’apporte la réforme des retraites?

Qu’apporte concrètement la réforme de la prévoyance vieillesse (PV 2020)? Combien les gens paient-ils et que touchent-ils sous forme de rente? L’année de naissance et le revenu jouent un rôle central. Les exemples exposés ci-dessous sont inspirés de situations courantes. Les calculs ont été réalisés par Work, le journal alémanique d’Unia.

Les bas revenus y gagnent

Prenons l’exemple d’un homme seul de 24 ans avec un revenu mensuel de 3500 francs. La réforme lui fera payer 28 francs de plus de cotisations AVS et LPP par mois. A cela s’ajoutent 12 francs de TVA supplémentaires. Soit au total 40 francs de contributions supplémentaires par mois. Par contre, sa retraite augmentera de 237 francs. Ce jeune homme profite donc largement de la réforme.

Il n’est pas le seul. Les calculs de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) montrent que la grande majorité touchera des augmentations avec la réforme. Le bilan est négatif uniquement pour les personnes seules avec des revenus élevés et en début ou milieu de carrière. Comme par exemple un agent d’assurances gagnant déjà 7000 francs à 34 ans: il paiera 70 francs pour la réforme, alors que sa retraite n’augmentera que de 9 francs.

Les principales gagnantes de la réforme sont les personnes qui perçoivent des bas salaires. Bien des femmes sont dans ce cas. En outre, quiconque est âgé de 45 à 65 ans n’a pas à s’inquiéter, car la réforme prévoit une garantie des rentes acquises. Cela signifie que les diminutions résultant de la réduction du taux de conversion seront compensées dans le deuxième pilier.

Les jeunes y gagnent

Les adversaires de Prévoyance vieillesse prétendent que la réforme des retraites nuirait aux jeunes car cela serait à eux de payer la facture pour les aîné-e-s. Les chiffres de l’OFAS montrent qu’il s’agit d’une généralisation abusive. Même si un nombre limité de jeunes devront payer plus pour des retraites moins élevées, ceux-ci profiteront également de la réforme, car un oui le 24 septembre pérennisera leurs futures retraites en évitant au fonds AVS de s’enfoncer dans les chiffres rouges.

Tous les jeunes recevront eux aussi le bonus de 70 francs par mois que la réforme introduit pour les nouveaux bénéficiaires de rentes. Soit 840 francs de plus par an. S’il leur fallait économiser ce montant à titre privé, par le troisième pilier, cela leur reviendrait beaucoup plus cher. L’Union syndicale suisse (USS) a fait le calcul: il leur faudrait payer au moins le double, soit jusqu’à 0,8% de salaire au lieu des 0,3% prévus.

Les retraité-e-s y gagnent

En cas de oui à la réforme des retraites le 24 septembre, rien ne changera aux rentes que les retraité-e-s perçoivent actuellement. Leur montant restera identique. Ils n’ont pas à craindre de baisse, quand bien même le PLR et l’UDC ont tenté plusieurs fois – en vain – de biffer la compensation automatique du renchérissement. Un oui à la réforme des retraites se justifie donc pour tous les retraité-e-s. Ils ne toucheront pas le bonus de 70 francs car ils ne subiront pas de baisse du taux de conversion. Les retraité-e-s sont concernés uniquement par le relèvement du taux de TVA de 0,3%. Cette mesure à l’impact limité n’interviendra qu’à partir de 2021.

Les salarié-e-s à temps partiel y gagnent

La réforme de la prévoyance vieillesse 2020 prévoit une meilleure couverture du travail à temps partiel dans le deuxième pilier. Cela concerne en premier lieu les nombreuses femmes occupées à temps partiel, jusqu’ici discriminées au moment de toucher leur rente. Une part plus élevée de leur salaire sera enfin assurée. La différence est substantielle: une coiffeuse de 39 ans, avec un salaire annuel de 35 000 francs et un enfant, recevra de sa caisse de pension 229 francs de rente en plus par mois. Un oui le 24 septembre ne se résume donc pas uniquement à l’augmentation d’un an de l’âge de la retraite des femmes, il signifie aussi que les femmes toucheront également davantage d’argent.

Enfin, n’oublions pas que 500 000 femmes en Suisse, bien qu’étant professionnellement actives, n’ont pas de caisse de pension. Elles ont donc besoin d’une bonne AVS une fois arrivées à la retraite. Les 840 francs qu’elles toucheront en plus par an y contribueront.

Les chômeuses et chômeurs âgé-e-s y gagnent

Celui ou celle qui perd aujourd’hui son travail à 58 ans perd souvent aussi sa caisse de pension. Par exemple, les travailleurs de la construction qui se retrouvent au chômage se voient exclus de leur caisse de pension parce que les cotisations manquent. La réforme met fin à ce problème. C’est une avancée pour tous les salarié-e-s âgé-e-s.

Source: Office fédéral des assurances sociales (OFAS)
L’article résumé ici est paru dans le journal syndical Work le 17 août 2017.