Conflit du travail chez Smood

Piquet de grève Smood à Sion

Depuis des années, les livreuses et livreurs de Smood s’engagent avec Unia pour l’amélioration de leurs conditions de travail inacceptables. Fin 2021, le conflit a redoublé d’intensité avec une grève cinq semaines dans onze villes de Suisse romande.

Le personnel de Smood livre au quotidien des repas et des produits de Migros, de McDonalds et d’autres restaurants à des particuliers qui passent commande via une application.

Malgré plusieurs sollicitations pour dialoguer avec la direction de Smood, l'entreprise n’a pas daigné corriger les problèmes soulevés par les salarié-e-s. Ils sont alors entrés en grève fin 2021 dans plusieurs villes de Suisse romande pour se faire entendre. Une procédure de conciliation sous l’égide de la Chambre des relations collectives de travail du canton de Genève a débouché sur des recommandations favorables au personnel que l’entreprise refuse toujours d’appliquer.

Les revendications des livreurs et livreuses

  • Des salaires corrects.
  • Le paiement de l’intégralité des heures de mise à disposition (temps d’attente des commandes compris).
  • Une meilleure planification du temps de travail.
  • Le paiement de l’intégralité des frais, notamment d’utilisation du véhicule privé.
  • Un paiement rapide et transparent de toutes les heures supplémentaires.
  • L’arrêt des pénalités abusives.
  • Une rémunération correcte du travail le dimanche et les jours fériés.
  • Une répartition transparente et équitable des pourboires.

Chronologie du conflit

2019

2020

  • Avril: Unia Genève critique la mesure annoncée par Pierre Maudet de financer à hauteur de 100 000 francs la mise en réseau des plateformes de livraison de repas et des restaurants en raison du non-respect des conditions de travail et de sécurité des livreurs et livreuses.

2021

2022

  • 25 janvier: Échec du processus de conciliation avec Smood. Unia exige que l'entreprise applique les augmentations de salaire à 23 francs de l’heure ainsi que la fin du système de pénalités conformöment à ce qu'elle a annoncé durant la grève. Unia et le personnel continuent à s’engager pour une amélioration des conditions de travail ainsi que pour l’application des lois et des conventions collectives de travail en vigueur.

  • 5 février: Action de protestation bien suivie à Genève. Les livreuses et livreurs Smood disent stop à l’ubérisation, à la flexibilisation à outrance et à la précarité. Ils veulent des conditions de travail dignes et que l’État intervienne pour faire appliquer les règles.

  • 7 février: La Chambre des relations collectives de travail rend ses recommandations faisant suite au processus de conciliation. La prise de position des magistrats soutient les revendications des grévistes. La pression s’accroît sur Smood. Le Conseil d’État genevois exige que l'entreprise reprenne les négociations avec son personnel et les syndicats. Le personnel et Unia réclament une action ferme des autorités cantonales pour faire appliquer les règles et encadrer les plateformes.

  • 28 avril: Début avril, Smood change ses contrats de travail avec des détériorations pour le personnel. Unia dénonce cette situation avec les livreuses et les livreurs.

  • 11 mai: Dépôt simultané de demandes en droit du travail devant les tribunaux de quatre cantons. Les plaignant-e-s réclament des arriérés de salaire et de frais impayés pour un montant cumulé de 125 000 francs. Cela laisse entrevoir l’ampleur des sommes dont Smood a profité au détriment de ses coursi-er-ère-s. D’autres dossiers seront déposés.